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La ville de mon enfance s’étire à mes pieds

En grand sourire édenté

Les maisons que je croise au détour de l’errance

Sont des caries béantes et tristes

        Le silence qui s’impose ici

        Aujourd’hui encore

        Me désole et cingle le cœur

Mémoires de nos enfances disparues

Levez à chacun de mes pas

Les nids de poussière qui envahissent mon âme

Quand je mets pied à terre au berceau de mon nombril

là où ma chair si souvent blessée

Vient en ce jour pluvieux

Rechercher ses béquilles évanouies

        Silences troublants des oiseaux aphones

        Silence cuisant les traces chauves

        Qui menaient jadis dans les prés ourlés

        Des cannaies en fleurs…

Donnez la voix aux taureaux mâles

Fumant la bagasse sèche

        C’est un chant bien trop triste que ton nom invoque

        Ville-île de mon enfance

        Blottie à jamais au creux de ma mémoire

Je t’ai rêvé souvent

Tison ardent défiant mes nuits sans lune

        Que de fois loin

De la chaleur que ton corps procure

J’ai levé ton fanion au sommet des stèles

Et gravé notre amour à la face des tiers

    Je te porte dans mes bras

        Blessure vivace

Je te chante encore souvent et toujours

Pour me donner la force de te chérir plus fort

        Ville de mon enfance confondue en mon île

        Mon blues est pour toi

Pour nous relever ensemble des affres du silence

 

 

 

 

(21 janvier 2006)

 

 

 

 

 

 





















 


Max Rippon / in Carnavalesques - choix de textes de langue française de poètes d’aujourd’hui