« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

Dans les cagouinces de l'univers…

 

 

Fantaisie récréative à l'usage des
penseurs et administrateurs du monde connu.

 

 

Gudule le Pansu,
plus connu sous vos cieux comme
Dieu le Père, le Grand, le Seul, l'Unique,
bref le plus balèze de tous les pépères…

Le front penché sur la cuvette
notre Pansu se fait pensif face à ce
qu'il contemple tout esbaudi : l'étron tout rond
qu'a grand peine et moult sudation il vient de pondre,
admirablement moulé de main de maître
si ses sphincters peuvent être ainsi nommés.

Que c'est beau, que c'est beau !
se vante-t-il, pas peu fier de son bronze fécal
Si beau que j'en ferais bien tout un monde et
que j'appellerai Terra, oui Terra Nostra, notre Terre
que je peuplerais de mectons, fumelles et gnards
braillards et animaux rigolos et viandards, d'arbres
feuillus, de fleurs écloses, de microbes, de fleuves
tordus et de monts fort hauts et mers infinies, ah que oui !

Voici mon chef-d'œuvre les aminches
claironne-t-il à la joyeuse et braillarde cantonade
de ses collègues souverains, démons et démones
assis tous en rond autour des restes encore fumants
d'une ultime agape, biture, apocalypse récréative
Admirez mes gonzes et mes donzelles, admirez
ma chiure somptueuse, mon ultime et glorieux caca.
De plus beau, de plus rond, de plus fumant et pestilent
oncques n'en trouverez en nulles lieux du vaste cosmos
Moi je vous le dis, je le proclame à mon auguste face
la Terre est ronde et c'est de la merde, oui mes cocos
de la merde, indubitablement, mais divine cagasse,
nom de Gudule, de mézigue ou nom de gnasse !

 

 

Dom Corrieras / Maizières-lès-Metz - 11 mai 2026