LE MOINEAU TEL QU'EN LUI-MÊME
Par domcorrieras, le dimanche 15 mai 2022 - Poèmes & chansons - lien permanent
Incertitude de l'imitation
Ce crépuscule répandu me convie
A son agilité derrière la vitre de lumière
Je n'ai pas beaucoup rêvé de toi, moineau
L'aile ne rêve pas de l'aile
Et tous deux, sommes inquiétude
Tu possèdes ce que je n'ai pas
Le ciel est ta femelle
et le retour du vent au vent, ton gîte
Vole haut ! Tout comme l'âme en moi a soif de
l'âme
Applaudis les jours que tisse ton plumage
Et délaisse-moi si tu veux
Car ma maison, comme mes mots, est exiguë
Familier du plafond. Invité plaisant
Familier du pot de basilic posé, comme la
grand-mère, à sa fenêtre
Il sait où se trouve l'eau, le pain, et le piège à
souris
Il ébroue ses ailes. Telle une femme qui nous
échappe, son châle
Et il prend son envol, le bleu
Impatiente comme moi, cette fête précipitée
Il égratigne le cœur et le jette sur la paille
Est-il un frémissement qui réside un seul jour
dans les récipients d'argent ?
Et mon courrier est vide de toute distraction
Tu viendras, moineau, quels que soient
Le rétrécissement de la terre et le débordement
de l'horizon
Que me dérobent tes ailes ?
Sois tendu. Evapore-toi comme une journée
étourdie
Il faut un grain de blé pour que le plumage
se libère
Que te dérobent mes miroirs ?
Et mon âme a besoin d'un ciel pour que
l'absolu la voie
Tu es libre. Et je le suis. Tous deux nous
aimons d'amour l'absent
Pose-toi, que je m'élève. Elève-toi que je me
pose, moineau
Fais-moi présent de la cloche de lumière, et
je t'offrirai
La demeure que le temps habite
Entre un ciel et l'autre
Nous nous complétons
Lorsque nous nous séparons
Mahmoud Darwich / Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
traduit de l'arabe (Palestine) par Elias Sanbar




