« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

En dépit du gypse des matins


 

 

En dépit du gypse des matins

en dépit des fleurs de neige

qui fascinent le mauve intérieur

le remords du luxe aboli

me torture de griffes rouges

 

Les torts qui s'assoient dans mon cou

on mis ma tête à prix

et je suis enchaîné par toi

à des murs de vinaigre et de pus

maintenant que seul

je me regarde de profil

dans le granit du printemps noir

 

J'ai cogné mon front contre la brume

où les oiseaux mêmes ne peuvent plus

supporter l'exil

où nul ne se regarde plus en face

de peur de ne point retrouver

son existence habituelle

 

Les nouveau-nés d'hier

les noyés dans l'âge vert

se tordent     cris de rouille

dans les portes de la guerre

Paul-Marie Lapointe / Le vierge incendié