« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

À l'atome inconnu


 

 

— la pénéplaine des âmes tranquilles

est là

tout près

dans la couleur du ciel et le frémissement

des mélopées en avance

en précis arrachés

au semblant du silence,

reliure stable

entre

l'épaule frôlée

et

l'instant où l'on s'assoupit pour toujours,

elle incarne

le seul ombilic que l'on possède

et le vent léger lui emprunte ses couleurs

pour les lui rendre en battements éphémères

et subtilement dépareillés

 

— la hutte déchue cicatrice demain

les différentes profondeurs vibrent albalines

médiatrices et versions passagères de noms

dans la cour majeure

où règne un zébu ornithologique mineur,

les paroles ne sont plus comprises

et le jardin reste secret

 

— jusqu'à ce que la légende…

jusqu'à ce que la légende fasse mourir le crime

et

que les peuples entraînent leur noblesse

au sport et au pouvoir, au rhésus,

ou vingt quatre roues de foules,

quotidiennement

 

— le verso des fossiles…

le verso des fossiles éclaire la nuit

de lunes postalées et durandelles

jardinières

horaires médicaux boulés aux pieds par la taille

moyenne,

j'ai tombé sur le nez

qui s'ivrogne s'ouvre sur d'inconnus continents

retirés à la main des urgences

à la main des sols distants familiers

 

— opacité transparente puis limpide

en quels âges affolés

par les obscurités factices

en quel abandon

s'agitent les bénédictions empressées

las,

les planisphères démasquent impitoyablement

les retards poétiques du beau monde

en linge de saison

en linge de musiques trépassées

haletantes encore

de leurs logorrhées automatiques

 

— l'hyène proche et volage

leur matriarcat abreuve

et les horloges du port chantent l'autre cœur qui

apponte à la voix tel une âme sans forteresse mais

gonflé de bonheurs ;

et l'on fit de tout

avec ce que l'on a jamais su d'elles

ni de leurs secrets patients d'horloges

et magnifiques ;

pourquoi des mots amers et les façades de

la limousine ;

et les fenêtres émotionnelles dorment profondément

dans le coude des nains parentaux ;

fontaines orales tordues,

la vivante et la poussière de terre ont

un vrai et un faux dans le même sachet

 

— lie de roses

les soleils d'abord posés aux lignes ordonnées

des cultures nourricières

montent ensuite en une seule anima pensive

qui fait la navette entre les balles caleuses

et les rayons tranquilles accrochés au goût

 

— qui paie ?

dans les grottes les plis du menton de la roche

entraînent à la soudure et l'humanité aussi

Kikapaye et

les biographies sauvages des morceaux

s'habillent entre elles

entre bergeries diaphanes et boucheries obstaclières

or

les chants des croyants intenses et se répercutant

raniment irrépressiblement

la souche des ruines

et le bouton manuel des « vers en pensée » ;

à bientôt… ou

Kikapaye ? ou

ne touche que et les courriers

c'est entendu ?

Reprenez le travail hors les sources

du rachis verticulaire

et

le téléphone court le long de la perte de décoration,

que

voulait-il

au fait ?

Les bras des cétacés effleurent l'illustre oubli.

Matthieu Messagier / Poèmes sans tain
Illustration : "Deux serpents" (dessin de l'auteur)