« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

Rome


 

 

Les amoureux en faisant ce qu'ils font

se regardent regarder passer les passants

et leur désir est dans ce qu'ils touchent

une chaire froissée du bout des lèvres

 

plus tard, la nuit venant, les amoureux

sont si fatigués qu'ils se couchent l'un dans

l'autre, et les autres dans les appartements, font

des enfants de comment s'aiment les amoureux

 

le temps passant fait que les amoureux

se touchent moins qu'avant, et leurs lèvres

qui parlent, parlent des amoureux sur les bancs

 

et aussi du temps passant sur leur amour d'eux

et sur l'amour des autres, qui, en faisant ce

qu'ils font, leur rappellent que passent les amoureux.

Xavier Frandon