« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

PARIS


 

 

Avez-vous vu un fils tranquille ramasser au marché

Une petite enfant étrangère, une Sarrasine

Qui vendait des citrons sans patente

Sans avoir payé la location de l’asphalte

Où elle s’accroupissait, petite sombre.

 

Échalote !

Il la conduit. Il a été bon. Il l’a avertie deux fois.

Elle le suit devant les squares et les boutiques

Elle le suit tout le long de la patente

auprès de tous les yeux patentés, des groins, des

     museaux patentés

On ne regarde même pas la petite étrangère

Les gens sortent de la messe, ils puent l’humidité

     catholique

Et vont à la pâtisserie.

Pierre Morhange / La vie est unique