« Il n'y a pas de plus grand poète.
Il y a la poésie. »

Paul Fort (Canzone du vrai de vrai / Portraits sur le sable)

Y AVAIT UNE LAMPE DE CUIVRE


 

 

Y avait une lampe de cuivre

Qui brûlait depuis des années

Y avait un miroir enchanté

Et l’on y voyait le visage

Le visage que l’on aurait

Sur le lit doré de la mort

Y avait un livre de cuir bleu

Où tenaient le ciel et la terre

L’eau, le feu, les treize mystères

Un sablier filait le temps

Sur son aiguille de poussière

Y avait une lourde serrure

Qui crochait sa dure morsure

A la porte de chêne épais

Fermant la tour à tout jamais

Sur la chambre ronde, la table

La voûte de chaux, la fenêtre

Aux verres enchâssés de plomb

Et les rats grimpaient dans le lierre

Tout autour de la tour de pierre

Où le soleil ne venait plus

 

C’était vraiment horriblement romantique.

Boris Vian / Je voudrais pas crever