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Ce rien de sable qui s’écoule

Du sablier en silence et se pose,

Et, fugaces, les traces en l’incarnat,

En l’incarnat s’éteignant d’un nuage…

 

Puis si la main renverse la clepsydre,

Le mouvement recommencé du sable,

L’argument tacite du nuage

Aux premières lividités brèves de l’aube…

 

La main a retourné le sablier dans l’ombre

Et de sable, silencieusement, le rien

Qui s’écoule, est la seule chose qu’on entende

Et, entendue, qui ne sombre dans le noir.

 

 

 

 

 

 

 

 






























 


Giuseppe Ungaretti / Vie d’un homme - Poésie 1914-1970