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Les éclairs irascibles

des orages intérieurs,

les éclairs liés,

la foudre qui ne peut pas blesser

mais seulement se blesser,

le tonnerre comme un tronc

qui se traîne en d’indivisibles galeries,

et la pluie, la pluie

comme un miracle retourné vers son origine,

explosent à la limite précise

où se sont aussi donné rendez-vous

les mauvais présages

des orages extérieurs.

 

L’extérieur serait-il un autre intérieur

à moins que l’intérieur ne devienne extérieur,

presque à notre insu,

presque effrontément,

presque sans préférences ?

 

Les orages égalisent.

Les lieux s’égalisent

si en eux se répètent

sans cesse les mêmes rites.

 

 

 

 






























 


Roberto Juarroz / dixième poésie verticale
traduction de François-Michel Durazzo