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La plaine d’eau souple s’achève.

 

Dans ses urnes le soleil

Encore secret se baigne.

 

Un incarnat léger s’écoule.

 

Elle ouvre tout d’un coup sur les baies

La grande douceur des yeux.

 

L’ombre submergée des roches meurt.

 

Doucement éclose des hanches joyeuses

Le véritable amour est une quiétude en flamme

 

Et je la goûte répandue

Par le gypse lustré de l’aile

D’une matinée immobile.

 

 

 

1922

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




























 


Giuseppe Ungaretti / Sentiment du temps
traduit de l’italien par Jean Lescure