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La soirée qui mendie l’amour.

Vent froid, ciel gris.

Soleil mort.

La soirée qui mendie l’amour.

 

Je pense à ses paupières closes,

la soirée qui mendie l’amour,

je pense à ses genoux exsangues,

la soirée qui mendie l’amour,

et à ses mains aux ongles verts

et à la pâleur de son front

et à sa gorge bâillonnée…

La soirée qui mendie l’amour,

la soirée qui mendie l’amour,

la soirée qui mendie l’amour.

 

Non, 

Car elle marche sur mes pas,

non ;

car elle m’a parlé, car elle me salue,

non ;

car je regarde passer son enterrement,

non ;

car elle me sourit, étendue,

étendue, douce et étendue,

sur la terre, étendue,

morte d’un seul coup, étendue…

 

Non.

 

 

 

 

 




























 


Nicolás Guillén / Le chant de Cuba
traduction par Claude Couffon