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Pourquoi c’est toujours bleu la seule réponse à la mesure

        de l’exigence de la question

Parce que ce bleu est fait du cuivre

Qui est en nous et que nous y puisons pour exister nous

        confronter et voir enfin notre paroi interne

La paroi

Où s’écrase le regard puis que l’âme

Transgresse en bleuité

Cuivre, bleu étale, notre substance sans origine ni départ

Notre substance notre limite nos cendres

 

Parce que ce bleu est la couleur du maximum qui monte

        à la surface

Rincée de gentianes ainsi

Bleu vient posément à lui-même

Et que seul le maximum a de la transparence

 

Et parce que l’au-delà du bleu est un tambour du même

Et qu’il n’y a pas plus rose que le bleu

Pas plus noir

Et que bleu est soleil ni plus viride

 

Mur de cette couleur dans le plan de la fenêtre — qui saurait

        distinguer la lumière de nous, le mal de l’un du mal de l’autre ?

Toute la réalité à la vitre

Bleu la réponse aux arêtes coupantes

Prise dans n’importe quelle minute de réel

L’encadrer c’est lui faire de l’ombre intolérablement il le faut

Sur deux côtés seulement

Pour qu’elle soit vue

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dominique Fourcade / Le ciel pas d’angle (extrait)