Roberto_Juarroz_Escenario_410_.jpg

 

 

 

 

 

Nous errons dans l’inconsistance,

mais il y a certains abandons au consistant,

certains replis du neutre sur ce qui ne l’est pas,

certaines chutes dans la densité

qui somnole dans les choses,

dans lesquelles le vertige de n’être rien nous arrache.

 

C’est alors que naît

la plus péremptoire des sensations

que puisse éprouver un homme :

il existe un creux qu’il faut combler.

 

Aussi une vie change-t-elle parfois

pour devenir son propre envers.

Jusqu’à ce que surgisse en l’homme

une sensation encore plus irréversible :

il existe un creux qu’il faut vider.

 

 

 

 



























 


Roberto Juarroz / dixième poésie vericale