1763913_4_fdd0_l-ecrivain-henry-bauchau-en-novembre-1972_e3d0cb2b48f9fbff83f203186dd31273.jpg

 

 

 

 

 

à Bernard Foccrouille

 

 

On peut voir dans un musée en Allemagne

Rembrandt se regarder dans son petit miroir

Il n’est plus jeune, il porte un drôle de bonnet

Il ressemble à une vieille femme.

Il rit de lui-même et de tout, d’un rire immense

Face à l’invincible réel qu’il a trop aimé.

Il sait que le pauvre sera humilié

Que le riche et le pharisien triomphent

Et que le christ sera brisé

Par le monde et par ses églises

Il sait immensément, il rit, barque échouée

Dans le port ensablé de la miséricorde.

 


























 


Henry Bauchau / L’ACCUEIL, poèmes inédits (2006-2009)