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Ouverte dans la longueur,

l’écorce pleine et souple,

nous sommes 2 quartiers de fruit,

2 poissons aux arêtes visibles,

nous sommes 2 morceaux sur le drap bleu,

sombres de vie et de joie.

 

J’ai gardé la main ouverte.

Hébété, et maintenant lourd, face à la

    lumière qui entre,

je n’ai plus les couleurs.

Je distingue des ensembles de gris,

des masses, des distances, des individus.

 

La nuit est là, depuis 18h.

Nous savons que les immeubles sont dressés

    dehors

aux fenêtres noires.

J’entends une moto s’arracher à la ville.

Entre les rues et les murs debout, le moteur

    résonne,

c’est la seule ligne existante.

Le reste est un hoquet général.

Il neige.

 

 

 

























 


Samaël Steiner / Seul le bleu reste