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Dès lors, plus jamais il n’y aura de ces rêves érotiques avec festin de velours rouge et bijoux très spéciaux réservés à la seule volupté du mamelon d’un sein. Mais il marche. Et — sans cesse — à voix haute, s’interroge sur les raisons profondes qui l’amenèrent ici. Peu d’eau ! Des usines verticales aux abois. Convoi de péniches arrêtées dirait-on à une station service d’autoroute. Apparaît soudainement le boyau signalé sur la carte. Il permet de déverser du liquide : rouge et polluant — nauséabond — bouillonnant. Fascination devant l’horreur, n’est-ce pas ! Il marche. S’enfonce dans l’odeur. Ça ! Le cadavre décomposé d’un nain obstruerait-il l’égout ? Des arbres pleurent. D’autres vomissent. Silence contre silence. Plus jamais il n’aura de ces rêveries où des femmes ! Peu d’eau. En se penchant. En retournant la terre avec les ongles. On parviendra bien à l’apercevoir l’anus de ce fleuve-là !

                                    En allant y voir !

 

 

 

 

 

 

 

 










 


Franck Venaille / La Descente de l’Escaut (extrait)