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Pendant sommeil, rien ne bouge.

Mais avant tu fais semblant

de vivre et de respirer.

Bientôt, toute force

t’abandonne, te laisse inanimé

dans ce pays d’ombre très incertain.

 

 

S’approche à pas de loup

ce sommeil assaisonné de silence.

Tu résistes, mais au fond de toi

tout est déjà défait, abandonné.

S’évanouit la lumière.

Et se perdent les mots.

 

 

Sommeil à sommeil, éparpillé,

qui envahit tous les membres ;

fait-il semblant de s’éloigner ?

Pourtant l’œil se ferme

et je ne sais quelle torpeur

m’emporte au delà de moi-même…

 

 

Sommeil : des taches rouges

et de curieux tremblements

assaillent toute la peau.

qui glisse quelque part ?

Se réveillera-t-on lucide

quelque jour, quelque nuit ?

 

 

Vie à l’envers : sommeil têtu

qui ne crée aucune algarade,

qui rend le corps léger,

corps oublié soudain

qui semble encore frémir.

 

 

Tout est prévu pour le sommeil :

autres corps disparaissent,

l’œil lui-même est noyé

de bleu fluide ou d’eau stagnante.

rien ne court sous la peau.

 

 

Comment dessiner le sommeil ?

Une anguille se love avec lenteur

à l’intérieur du crâne et de son ombre.

Tout est facile à présent :

par milliers picotements apparaissent.

Plongeon du dormeur dans la nuit.

 

 

Sommeil d’un coup, d’un soc,

avec vrilles, vibrations, vertiges.

Et l’on ne peut qu’abandonner

raisons, déraisons, défaites.

Sens commun vole en éclats.

 

 

Sommeils amoncelés

font-ils sommeils plus drus ?

On dort mieux ici

dès qu’on rêve à la nostalgie.

Nostalgie de Slovénie.

Slave amour amer…

 

 

Entre veille et sommeil

tu touches ton propre corps

avec d’autres mains

que les tiennes toujours pareilles.

Tu trouves encore la foudre

qui t’exalte et te lacère.

 

 

 






































 


Jacques Izoard / Lieux épars, poèmes inédits (extrait)